
Le pont Gongchen à Hangzhou (Zhejiang), le 28 octobre 2025
Je suis arrivé en Chine pour la première fois avec une véritable curiosité. Avant même mon départ, la personne qui m’est la plus chère m’avait parlé de ce pays avec enthousiasme, souvent d’une manière très différente de ce que l’on entend en Europe. J’avais aussi fait mes propres recherches, et je suis venu l’esprit ouvert, prêt à découvrir par moi-même une réalité que j’avais longtemps observée à distance.
Dès mon arrivée, beaucoup de choses ont confirmé ce que j’avais pu lire. Les grandes orientations de développement sont visibles partout, mais ce sont surtout les petits détails qui m’ont marqué : la facilité du quotidien, l’attention portée au bien-être des habitants, et une organisation sociale qui donne réellement la priorité à la vie des gens. J’ai ressenti un engagement collectif constant, concret, presque palpable.
Ma venue s’inscrivait dans le cadre d’un échange franco-chinois destiné aux jeunes. Mon objectif était simple : comprendre le rythme de la vie ici, rencontrer des personnes engagées, et envisager peut-être un jour de m’installer en Chine. J’ai découvert une culture vivante, un profond respect de la nature, et une cuisine incroyablement variée. Un détail m’a particulièrement marqué : des plantes grimpantes utilisées pour recouvrir des murs de béton – à la fois pour embellir les lieux et dans une démarche écologique réfléchie. Un geste simple, mais tellement significatif.
Technologie et quotidien
À Hangzhou (Zhejiang), j’ai visité des entreprises technologiques et des centres universitaires d’innovation. Ce qui m’a le plus impressionné, ce n’était pas seulement la technologie elle-même, mais l’intention derrière son utilisation. En Chine, les avancées robotiques et numériques sont souvent pensées pour faciliter la vie de tous, soutenir les personnes âgées et répondre à des besoins concrets de la vie de tous les jours.
Cela m’a poussé à réfléchir à la manière dont, ailleurs, la technologie pourrait aussi être mise à profit du quotidien pour le rendre plus simple.
Cette expérience m’a également montré que les perceptions de la Chine restent très variées en France. Beaucoup de jeunes que je rencontre portent un regard curieux et nuancé, cherchant avant tout à comprendre plutôt qu’à juger. Cette diversité de points de vue m’a rappelé l’importance des échanges directs.

Amar Ahmad Darwish découvre le développement vert du Zhejiang. (PHOTO FOURNIE PAR AMAR AHMAD DARWISH)
Dialogue et rencontres
Lors de nos rencontres, l’ambiance était chaleureuse, même si les échanges profonds étaient parfois limités par la barrière de la langue ou par nos parcours très différents. Cela m’a montré à quel point il est important de créer davantage d’occasions de rencontre pour mieux se comprendre.
Pour moi, l’apprentissage mutuel entre civilisations signifie construire des ponts culturels, éducatifs et humains. L’histoire montre que les échanges entre l’Europe et l’Asie ont souvent été fructueux. Dans un monde où les défis sont globaux, il est essentiel de renforcer ces liens : échanges universitaires, projets communs, collaborations culturelles ou encore tourisme.
Regarder vers l’avenir
De retour en France, je veux simplement partager ce que j’ai vécu : une expérience différente, riche et profondément humaine. Mon intention n’est pas de convaincre, mais d’ouvrir une porte vers plus de compréhension. J’aimerais aider à dépasser certains préjugés et encourager une vision plus équilibrée des relations internationales.
Aux jeunes de France, je voudrais dire que la vérité n’est jamais simple. Elle se construit par l’écoute, la curiosité et le respect mutuel. Il faut accepter de remettre en question certaines idées, s’intéresser aux autres cultures sans se sentir menacé, et reconnaître que chaque identité s’est formée grâce aux échanges.
Ouvrons les yeux sur la richesse du monde. Prenons le temps de découvrir l’histoire des autres. Avançons ensemble avec l’envie d’apprendre – non pas contre les autres, mais avec les autres.
*AMAR AHMAD DARWISH est chercheur à l’Institut ARETE pour la prospérité durable.