Société

Le développement comme fondement de la gouvernance mondiale des droits de l'homme
By XIA YUANYUAN, membre de la rédaction | Dialogue Chine-France | Updated: 2026-07-01 16:57:00

La Chine préconise une vision des droits de l’homme fondée sur le développement, l’inclusion et la coopération. 

Forum 2026 sur la gouvernance mondiale des droits de l’homme à Beijing, le 11 juin 2026 

Lors du Forum de haut niveau 2026 sur la gouvernance mondiale des droits de l’homme à Beijing le 11 juin, l’intervention de Paskal Milo, président de la Commission permanente d’histoire de l’Académie des sciences d’Albanie, a suscité un large écho : « Il n’existe pas une seule voie pour la réalisation des droits de l’homme. » Cette affirmation fait de plus en plus l’unanimité à travers le monde. En effet, le principe d’universalité des droits de l’homme ne peut véritablement s’enraciner, se concrétiser et porter ses fruits qu’à condition d’être étroitement en phase avec les traditions historiques et culturelles de chaque pays, ses réalités nationales fondamentales et les besoins concrets de sa population.

Avec la publication officielle du Rapport d’évaluation de la mise en œuvre du Plan d’action national pour les droits de l’homme de la Chine (2021-2025), les droits de l’homme à la chinoise sont de nouveau devenus un sujet central des débats dans les milieux universitaires internationaux. Le rapport indique que l’ensemble des 181 objectifs et indicateurs définis par le plan d’action ont été réalisés dans les délais prévus. Derrière ces données se trouve la confirmation par une pratique ancrée dans la durée du principe fondamental consistant à promouvoir les droits de l’homme par le développement, ce qui constitue l’appui empirique le plus convaincant de la voie chinoise en la matière.

Un participant au Forum 2026 sur la gouvernance mondiale des droits de l’homme découvre des lunettes IA de conception chinoise, à Beijing, le 12 juin 2026. 

Le droit au développement comme condition préalable et fondement des droits de l’homme 

« Le droit au développement est un droit fondamental inaliénable reconnu par les Nations unies ; il constitue également la condition préalable et le fondement de la réalisation pleine et entière de tous les droits de l’homme. » Dans son intervention au forum, Zhao Zhongxiu, président de l’Université de commerce international et d’économie, a résumé avec précision la logique interne de la conception chinoise des droits de l’homme. Cette compréhension a trouvé un large écho auprès du Sud global. Crispin Kaheru, membre du Conseil ougandais des droits de l’homme, l’a exprimé sans détour : « Pour des populations confrontées à la faim, la liberté d’expression ne sera pas la première préoccupation ; les agriculteurs de nos villages n’abandonneront jamais leurs champs dont dépend leur subsistance pour garantir la liberté de réunion. »

Le récit local apporté par Luogu Youge, secrétaire de la cellule du Parti pour le village de Sanhe, dans la préfecture autonome Yi de Liangshan (Sichuan), offre une illustration concrète et à échelle humaine de cette logique théorique. Avec des mots simples, il explique comment des principes abstraits relatifs aux droits de l’homme se traduisent en bienfaits tangibles pour la population : « À Sanhe, les droits de l’homme, ce sont les nouvelles maisons propres et sûres de nos habitants, des revenus qui augmentent régulièrement, des enfants qui n’abandonnent pas l’école et des personnes âgées qui peuvent se faire soigner, menant ainsi une vie paisible. »

Autrefois, les habitants de Sanhe vivaient pour la plupart dans des maisons en pisé dangereuses et ouvertes aux quatre vents. Après la mise en œuvre des programmes ciblés de lutte contre la pauvreté, chaque foyer a pu emménager dans un logement équipé de l’eau courante, de l’électricité et d’un accès au réseau. Nombreux sont ceux qui ont pleuré le jour de leur emménagement, soulagés de ne plus avoir à craindre les éléments. Un logement stable permet de travailler sereinement. En s’appuyant sur l’élevage et les cultures spécifiques de la région ainsi que sur le développement du tourisme rural et culturel, le village a valorisé ses ressources locales. En 2025, le revenu net moyen par habitant des ménages sortis de la pauvreté à Sanhe a atteint 21 933 yuans, soit une augmentation de plus de 15 000 yuans par rapport à 2018. « Permettre à chacun de disposer d’un moyen de subsistance stable et de créer une vie meilleure grâce à son propre travail, voilà l’expression la plus concrète des droits de l’homme », remarque Luogu Youge.

La transformation de Sanhe est un reflet de la politique chinoise consistant à placer le droit à la subsistance et le droit au développement au premier rang des droits de l’homme. Le rapport présente une série de résultats significatifs dans le domaine du bien-être de la population : la production céréalière nationale s’est maintenue au-delà de 700 millions de tonnes, le taux d’accès à l’eau courante dans les zones rurales a atteint 96 %, et 97 % des villes de plus de 500 000 habitants sont désormais couvertes par des lignes ferroviaires à grande vitesse. Ces bases matérielles continuellement renforcées constituent un soutien essentiel pour garantir à l’ensemble de la population la jouissance égale et le développement intégral de tous ses droits.

Les villageois ornent la porte de leur nouvelle maison de couplets pour célébrer le Nouvel An chinois, dans le site de relocalisation du village de Sanhe (Sichuan), le 28 janvier 2019. 

Adopter une approche multidimensionnelle et globale des droits de l’homme 

Tout en consolidant les droits fondamentaux à la subsistance et au développement, la Chine poursuit son exploration dans la protection des droits de l’homme à un niveau plus élevé et de manière plus systématique, en élargissant sans cesse son contenu et en repoussant les limites.

Les droits environnementaux concernent le bien-être durable des générations présentes et futures et constituent également une nouvelle catégorie de droits qui retient aujourd’hui une attention particulière dans la gouvernance mondiale des droits de l’homme. En Chine, cette conception s’est déjà traduite par des actions d’envergure. Gao Baoyan, directrice du studio consacré au marsouin aptère du Yangtsé, explique qu’autrefois, la dégradation de l’écosystème du fleuve Changjiang et l’appauvrissement des ressources halieutiques rendaient difficile l’amélioration des revenus des pêcheurs. Après l’interdiction de pêche décennale sur le fleuve, ils ont abandonné leurs filets pour s’occuper de la protection du cétacé, et bénéficient désormais d’une protection sociale stable, de revenus durables, et du sentiment d’accomplir une mission utile pour l’environnement. Cette transformation illustre clairement la logique selon laquelle la protection de l’écosystème et le développement humain se renforcent mutuellement. Mme Gao note que le meilleur des droits de l’homme consiste à permettre à tous les êtres vivants, y compris les êtres humains, de vivre dans un environnement de qualité, dans la dignité et l’harmonie.

Avec l’évolution rapide de l’intelligence artificielle (IA), les droits numériques sont aussi devenus un nouveau thème de la gouvernance mondiale des droits de l’homme. La Fondation Chongqing Luhai pour la communication internationale a lancé le projet « Nouvelle philanthropie de Bayu », qui utilise des outils d’IA pour aider les femmes des régions montagneuses et les jeunes en situation de handicap à accroître leurs revenus. Hu Chengliang, secrétaire général exécutif du projet, souligne que l’enjeu central de l’action sociale à l’ère de l’IA est de réduire la fracture numérique et de permettre aux groupes vulnérables de passer du statut de bénéficiaires passifs de l’aide à celui d’acteurs autonomes de leur propre développement économique. Il s’agit également d’une exploration pionnière de la Chine pour garantir les nouveaux droits émergents à l’ère numérique.

Des visiteurs étrangers s’enquièrent de la protection des marsouins aptères du Yangtsé à l’Institut d’hydrobiologie de l’Académie des sciences de Chine, à Wuhan (Hubei), le 28 octobre 2025. 

L’attention particulière portée aux groupes spécifiques confère par ailleurs une dimension profondément humaine à la cause chinoise des droits de l’homme. Le projet caritatif « Cinéma Lumière » de l’Université de communication de Chine célèbre dix années d’existence. Il a déjà produit plus d’un millier de films accessibles aux personnes malvoyantes ou aveugles et les a distribués gratuitement dans tout le pays, notamment dans les établissements d’enseignement spécialisé. « Nous devons construire les bandes de guidage physiques dans les villes, mais aussi créer pour les 17,5 millions de déficients visuels du pays une voie tactile de l’esprit leur permettant d’accéder au monde de la culture et de la vie intellectuelle », remarque Fu Haizheng, responsable du projet et directeur adjoint du Centre de recherche sur l’éducation aux droits de l’homme et leur diffusion intégrée de l’université

Grâce au Plan d’action national pour les droits de l’homme, les dispositifs d’allocation de subsistance pour les personnes handicapées en difficulté et d’allocation de prise en charge pour les personnes lourdement handicapées ont été intégralement appliqués à plusieurs dizaines de millions de bénéficiaires potentiels, garantissant que toute personne éligible reçoive effectivement les aides auxquelles elle a droit. Un réseau de protection sociale à plusieurs niveaux, couvrant l’ensemble de la population, coordonné entre les zones urbaines et rurales, équitable, unifié et durable, gagne progressivement en maturité, renforçant ainsi le filet de sécurité destiné à protéger les droits des groupes les plus vulnérables.

Des personnes handicapées suivent un stage de formation en IA dans un atelier pour l’emploi du Centre de services sociaux de Lanzhou (Gansu), le 9 mai 2026. 

Intégrer les droits de l’homme à la gouvernance mondiale 

La gouvernance mondiale des droits de l’homme est aujourd’hui confrontée à de multiples difficultés ; notamment la persistance des conflits géopolitiques, l’aggravation du fossé de développement Nord-Sud, la politisation et l’instrumentalisation croissantes des questions relatives aux droits de l’homme. Ces phénomènes constituent des obstacles majeurs au progrès de la cause mondiale des droits de l’homme.

La Chine s’oppose clairement à l’utilisation des droits de l’homme dans les différends géopolitiques. Elle défend une approche fondée sur le développement pour résoudre les problèmes et sur la coopération pour surmonter les difficultés, dans la perspective d’une gouvernance mondiale des droits de l’homme plus inclusive. Lors du forum, Grigory Lukiyantsev, représentant spécial du ministère russe des Affaires étrangères pour les questions relatives aux droits de l’homme, a souligné que certains pays contestent délibérément le statut juridique du droit au développement. Selon lui, ce différend dépasse depuis longtemps le cadre strictement juridique et s’est transformé en moyen de pression politique et économique, révélant ainsi l’un des principaux problèmes de la gouvernance mondiale actuelle des droits de l’homme.

Face au déficit de gouvernance mondiale dans ce domaine, la Chine continue de proposer des expériences pratiques, concrètes et reproductibles. En Asie du Sud-Est, la coopération environnementale Chine-ASEAN se développe depuis plus de dix ans. Initialement centrée sur les échanges techniques, elle s’est progressivement étendue aux questions de bien-être social et de protection des droits de l’homme. Les parties travaillent ensemble notamment à la lutte contre la pollution transfrontalière par les fumées et à la préservation de la biodiversité afin de bâtir un cadre de vie plus agréable.

Sur le continent africain, le juncao, une technologie agricole chinoise basée sur des plantes herbacées servant de substrat aux champignons comestibles et médicinaux, grâce à son faible coût et à sa facilité de diffusion, a été introduit dans plus d’une centaine de pays pour aider les populations à sortir de la pauvreté. Le Bénin s’est de son côté inspiré de l’expérience chinoise pour développer les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, améliorant ainsi les conditions de vie des populations les plus modestes tout en favorisant la transition vers le bas carbone.

Par ailleurs, la création d’un corridor maritime vert entre le port de Shanghai et le port de Los Angeles, ainsi que la mise en service de la méga-usine de stockage d’énergie de Tesla à Shanghai, illustrent comment la coopération transnationale dans les industries vertes peut permettre aux populations de bénéficier d’un environnement de meilleure qualité. Ces initiatives constituent également des exemples concrets de coopération pragmatique en matière de droits de l’homme entre des pays se trouvant à différents stades de développement et appartenant à des civilisations distinctes.

Dans son intervention de clôture du forum, Eduardo Melchor Arana Ysa, ancien Premier ministre du Pérou, a souligné que de nombreuses expériences démontrent déjà que la coopération internationale n’est pas une option parmi d’autres, mais une nécessité. L’histoire du développement des droits de l’homme dans le monde montre qu’il n’existe pas de modèle universel applicable à tous les pays. S’appuyer sur le développement, respecter le libre choix de chaque nation, et promouvoir un dialogue sur un pied d’égalité apparaissent de plus en plus comme des voies prometteuses pour améliorer la gouvernance mondiale des droits de l’homme. Sur la base de sa propre expérience, la Chine souhaite poursuivre les échanges en privilégiant l’apprentissage mutuel avec les autres pays afin de promouvoir ensemble un développement sain de la cause mondiale des droits de l’homme.

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