
Célébration de la Journée de l’Afrique au parc Chaoyang de Beijing, le 23 mai 2026
Le monde traverse une période de turbulences et de mutations, et le système de gouvernance mondiale connaît de profonds ajustements. Face à la montée du protectionnisme, à la recomposition de l’ordre économique et commercial international et à l’essor collectif du Sud global, comment la Chine entend-elle faire évoluer la gouvernance mondiale ? La réponse apparaît clairement : par la constance de ses principes, la continuité de son action et une vision tournée vers l’avenir, elle insuffle une précieuse certitude à l’évolution de la gouvernance mondiale.
Le multilatéralisme, ancre de stabilité pour un monde en turbulence
Face aux défis complexes du monde contemporain, l’approche chinoise s’inscrit pleinement dans les enjeux actuels. Elle repose sur trois piliers : un multilatéralisme authentique, une gouvernance fondée sur la concertation et le bénéfice partagé, ainsi qu’une orientation résolument tournée vers l’action.
Premièrement, la Chine défend avec fermeté le véritable multilatéralisme. Les mécanismes multilatéraux jouent un rôle irremplaçable dans la résolution des problèmes mondiaux. Par ses actes, la Chine défend fermement le système international centré sur les Nations unies et l’ordre international fondé sur le droit international. Sa contribution au budget ordinaire de l’ONU, inférieure à 1 % en 2000, a dépassé 20 % en 2025, faisant d’elle le deuxième contributeur et illustrant la réalité de son engagement.
Deuxièmement, la Chine promeut activement une gouvernance mondiale fondée sur la concertation, la construction conjointe et le partage des bénéfices. La gouvernance mondiale n’est pas le « privilège » de quelques pays : elle doit être le dénominateur commun de toutes les nations. Au cœur de l’Initiative pour la gouvernance mondiale proposée par la Chine se trouve une conviction simple : les affaires internationales doivent être réglées par la concertation et le destin du monde façonné par l’ensemble des pays. L’initiative rassemble le soutien de près de 160 pays et organisations internationales, et plus de 60 pays ont rejoint le Groupe des amis de la gouvernance mondiale. Cet accueil témoigne d’une réelle convergence avec les attentes de la communauté internationale.
Enfin, la Chine est un acteur qui joint le geste à la parole. La légitimité de la gouvernance mondiale repose sur des concrétisations tangibles. Dans le cadre de l’Initiative pour le développement mondial, la Chine a déjà mené plus de 1 800 projets de coopération et mobilisé plus de 23 milliards de dollars de financements pour le développement. Le Fonds pour le développement mondial et la coopération Sud-Sud atteint désormais quatre milliards de dollars. Au cours des cinq prochaines années, 2 000 projets supplémentaires « petits mais beaux » seront lancés au service des populations.

Un couple sino-éthiopien vend en streaming des kiwis fraîchement cueillis dans le village de Beiyu à Nanyang (Henan), le 4 septembre 2026.
L’essor du Sud global : des enseignements et des pistes venus de Chine
L’essor collectif du Sud global est en train de redessiner la carte de l’économie mondiale. En parité de pouvoir d’achat, le Sud global représente désormais plus de 60 % de l’économie mondiale et contribue à hauteur de 80 % à la croissance mondiale. Il lui faut aujourd’hui faire bloc et coopérer pour convertir sa puissance économique en influence institutionnelle au sein de la gouvernance mondiale, en intervenant en priorité sur trois plans : les institutions, les priorités d’action et l’exécution des projets.
Au fil de son industrialisation, la Chine a suivi une trajectoire de développement adaptée à ses propres conditions nationales, démontrant que la modernisation n’obéit pas à un modèle unique. Son parcours offre deux éclairages utiles pour le Sud global.
D’abord, l’autonomie stratégique, qui requiert de conserver la maîtrise de ses choix de développement. Depuis son premier plan quinquennal en 1953, la Chine s’appuie sur une planification de long terme en intégrant les ressources extérieures à sa propre stratégie, plutôt que de dépendre de l’aide étrangère. Face à des appuis souvent morcelés ou conditionnés, l’expérience chinoise montre l’intérêt d’une vision nationale durable au service d’objectifs choisis souverainement.
Ensuite, la réforme et l’ouverture, qui permettent de faire de l’insertion économique un levier de croissance. La Chine a fait le choix de s’aligner sur les standards internationaux et d’élargir l’accès à son marché pour trouver sa place dans la division mondiale du travail. Des premières zones économiques spéciales à l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, puis au développement de 23 zones pilotes de libre-échange et au nouveau régime douanier du port de libre-échange de Hainan, le pays a structuré un environnement d’affaires de premier ordre. Pour le Sud global, l’ouverture devient ainsi un moyen de participer à l’élaboration de règles au lieu de les subir.
Ces repères ne constituent pas une formule rigide. La Chine n’entend pas imposer son modèle aux autres, mais s’associer aux pays émergents en tant que partenaire de développement.
L’action de la Chine ouvre de nouveaux horizons au développement partagé
La démarche chinoise vise à renforcer les capacités autonomes des partenaires du Sud global par le commerce et la montée en compétences, comme l’illustrent plusieurs initiatives récentes.
Le Partenariat économique régional global (RCEP) transforme la coopération régionale en retombées économiques directes. Depuis son entrée en vigueur il y a près de cinq ans, les échanges au sein de la région sont passés de 4 900 à 6 100 milliards de dollars, soit une hausse de 24 %. Leur part dans le commerce mondial a, elle, progressé de 27,2 % à 29,1 %. Les règles d’origine cumulatives du RCEP permettent en outre de valoriser les composants produits dans l’ensemble des quinze États membres.
La politique chinoise d’exemption de droits de douane en faveur de l’Afrique ouvre de nouveaux débouchés. Depuis décembre 2024, la Chine a été la première à accorder l’exemption douanière sur 100 % des lignes tarifaires à 33 pays africains ; en mai de cette année, cette mesure a été étendue aux 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle. La Chine est ainsi devenue la première grande économie à accorder unilatéralement une exemption intégrale à tous ses partenaires africains, ainsi qu’à tous les pays les moins avancés avec lesquels elle a établi des relations diplomatiques. Les résultats sont déjà au rendez-vous : le commerce sino-africain a atteint 348,1 milliards de dollars en 2025, en hausse de 17,7 % sur un an, un record pour la cinquième année consécutive ; au premier trimestre 2026, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont progressé de 14,6 % en glissement annuel.
À l’avenir, la Chine entend jouer un rôle encore plus constructif dans des domaines émergents tels que l’intelligence artificielle, la gouvernance numérique et la lutte contre le changement climatique.
Premièrement, à travers l’Initiative pour la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle et le label « Sud numérique », la Chine souhaite permettre au Sud global de se joindre à l’élaboration des règles tout en réduisant la fracture liée à l’IA. Par ailleurs, la conclusion des négociations sur la version 3.0 de la zone de libre-échange Chine-ASEAN permettra d’approfondir et de préciser les règles régionales du commerce numérique.
Deuxièmement, la Chine fera de la transition verte un levier pour renforcer les capacités du Sud global en matière de développement durable. Elle défend résolument l’Accord de Paris et, par la coopération Sud-Sud, aide les pays en développement à mieux faire face au changement climatique. Elle continuera de s’appuyer sur la déclinaison verte de l’initiative de « la Ceinture et la Route » pour promouvoir la coopération dans les énergies propres, la protection écologique et les industries vertes, afin que les pays du Sud global ne soient pas laissés pour compte dans la transition verte, et puissent même prendre de l’avance.
En donnant davantage de poids aux pays en développement dans le système international, notamment par la fourniture de biens publics mondiaux et le déploiement d’infrastructures ouvertes, la Chine participe à l’émergence d’une mondialisation plus inclusive et plus équitable. Elle entend continuer de jouer un rôle de stabilisateur et de bâtisseur afin de façonner avec tous ses partenaires un avenir plus égalitaire et plus prospère, dans le respect de l’autonomie de chacun.
*WANG XUEKUN est président de l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, rattachée au ministère chinois du Commerce.