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Joy Conch: répandre l'amour et le bonheur par la musique
By LIJIA TSERING | Dialogue Chine-France | Updated: 2021-04-12 14:37:00

Au mois de septembre 2017, un groupe de musique baptisé Joy Conch (陀乐, Tuo Le en chinois) a vu le jour. Composé de cinq jeunes tibétains nés dans les années 1990, il combine parfaitement la musique folklorique, les chants sacrés de l’ethnie tibétaine et les chants bouddhistes. 


Le groupe Joy Conch 

Sur scène, le groupe interprète de douces mélodies venant du plateau Qinghai-Tibet. Sans effets de scène sophistiqués, les voix et les sons d’instruments simples se mêlent, transportant les spectateurs dans le paradis enneigé sur le toit du monde. 

Les morceaux de Joy Conch prennent leur source dans les chants sacrés de l’ethnie tibétaine dans la province du Qinghai, ces chants appartenant au patrimoine culturel immatériel national. Les cinq membres fondateurs (Tsewang, Rinchen, Zade, Tseji et Li Mao) sont tous disciples de Sonam Dolma, héritière au niveau national des chants sacrés de l’ethnie tibétaine. 

Le premier concert de Joy Conch a eu lieu à Kunming (chef-lieu du Yunnan). Même si tous les membres du groupe possédaient déjà une riche expérience de la scène, cette nouvelle forme d’expression musicale les rendait nerveux. 


Les membres du groupe Joy Conch enseignent le solfège à des enfants tibétains. 

« Bien que la musique tibétaine traditionnelle se manifeste de nombreuses façons, l’adaptation de chants sacrés tibétains est un projet audacieux. Le caractèresignifiait la rime de chanson pendant la dynastie des Tang et le caractère signifie la joie. Répandre la joie et l’amour par la musique est non seulement notre objectif mais également notre mission », fait remarquer Sonam Dolma, la conceptrice du groupe. 

Heureusement, ce projet a été couronné de succès. Lorsque les spectateurs du premier concert ont été émus par la mélodie, les cinq artistes ont ressenti un choc sans précédent résultant de l’interaction merveilleuse entre une expression naturelle et un sentiment authentique. 

Des efforts communs 

« Nous appartenions chacun à des groupes de musique différents, et notre ancien style relevait plutôt de la musique populaire. Bien que nous ayons entendu les chants sacrés quand nous étions petits, nous ne les considérions pas comme une forme musicale ; ils n’étaient pas agréables aux oreilles de jeunes qui voulaient fortement quitter les montagnes », avoue en toute franchise Tsewang, le chef du groupe. 


Sonam Drolma (3e d.), héritière au niveau national des chants sacrés tibétains, prodigue des conseils aux membres de Joy Conch. 

Parallèlement au renforcement continu des efforts de l’État pour protéger le patrimoine culturel immatériel des ethnies minoritaires, les chants sacrés, une forme musicale tibétaine traditionnelle, sont animés d’une nouvelle vitalité. Ces mélodies simples, mais élégantes, ont finalement attiré l’attention des jeunes musiciens de Joy Conch. « Quand nous avons eu une plus grande expérience, ce type de chant unique nous a profondément touchés. Nous avons créé Joy Conch afin de faire savoir à un plus large public que la musique folklorique peut, au-delà d’un chant dégagé, généreux et truculent, être également portée par un chant calme, paisible et noble », explique Tsewang. 

Après la formation du groupe, tous ses membres ont déployé des efforts pour apprendre le solfège et devenir plus professionnels, en surmontant les difficultés en matière de langage, d’écriture et de théorie musicale. Leur but est à la fois de diffuser la culture musicale tibétaine et d’interpréter parfaitement les œuvres. 

« Malgré une même recherche et une même compréhension musicales, nous devons inévitablement faire face à des différences dans le processus de création. En fin de compte, nous avons décidé de les résoudre en votant. Ensuite, nous mettons tout en œuvre pour répéter selon le choix pris jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant », explique Rinchen, percussionniste de Joy Conch. D’après lui, trouver la solution pour résoudre correctement les divergences en matière de conception musicale constitue la clé du succès d’un groupe de musique. 

« Ce que nous avons exploré, c’est la manière de présenter aux spectateurs des éléments musicaux traditionnels mais de façon moderne. Finalement, nous avons choisi une forme d’expression simple. Nous voulons utiliser les éléments musicaux les plus simples pour impressionner le public », précise Zade, arrangeur et guitariste de Joy Conch. 

« Nous avons rencontré de bons partenaires musicaux, à une époque propice. Nous avons la chance incroyable de pouvoir exprimer l’amour et le bonheur par le biais de la musique », soulignent les sœurs jumelles Tseji et Li Mao. 

Un patrimoine mis en avant 

Jusqu’à présent, Joy Conch a donné une centaine de concerts dans des dizaines de villes chinoises et étrangères. Son style naturel et pur est très rafraîchissant pour le public. Selon Tian Qing, musicien célèbre et expert en protection du patrimoine culturel immatériel, les réalisations de Joy Conch dans le domaine de la protection, de l’héritage et de la diffusion de la musique du patrimoine immatériel méritent d’être reconnues. 


Les membres de Joy Conch 

« L’instrument principal du groupe est le zhanian (un instrument de musique à cordes pincées typique de l’ethnie tibétaine, aussi appelé zhamunian), en harmonie avec la guitare, le petit tambourin et les belles voix », décrit Sonam Dolma. 

La popularité du groupe ne cesse de croître. Mais Joy Conch reste fidèle à son aspiration initiale, malgré de nombreux honneurs reçus, entre autres la reconnaissance en tant qu’ambassadeur de la diffusion culturelle au 2e gala de la fête du Printemps de la calligraphie et de la peinture organisé par CCTV (China Central Television), et l’excellent spectacle donné au gala de la fête du Printemps de la culture traditionnelle mondiale 2019. 

« La réputation signifie une reconnaissance du public. Mais ce que nous recherchons reste le plaisir que la musique nous apporte et apporte aux spectateurs. Du début à la fin, notre création musicale vise à diffuser l’amour et le bonheur venant de la Chine », conclut Sonam Dolma. 

LIJIA TSERING • jeune chercheur, titulaire d’une maîtrise en philosophie du bouddhisme tibétain 

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