Société

Commémoration des victimes du massacre de Nanjing
By Karim Badolo | CGTN | Updated: 2025-12-15 11:02:00

(Note de l'éditeur : Cet article représente le point de vue de l'auteur Karim Badolo et pas nécessairement celui de CGTN.) 

Le massacre de Nanjing perpétré par l'armée japonaise constitue une des plaies béantes de la Seconde Guerre mondiale. Le souvenir de cette ivresse meurtrière des soldats japonais hante terriblement encore les mémoires du peuple chinois. L'armée japonaise avait littéralement violé toutes les lois de la guerre pour s'adonner à une folie funeste orgiaque au cours de laquelle les populations civiles et les soldats chinois payèrent un lourd tribut. Au moment où l'on est en train d'assister à la résurgence du militarisme japonais avec la Première ministre Sanae Takaichi, il y a lieu de rappeler les crimes passés de l'armée japonaise. Inscrit par l'UNESCO au Registre de la mémoire du monde, le massacre de Nanjing a fait plus de 300 000 morts dans des conditions inhumaines et atroces. Des femmes de tous les âges ont été raflées, violées avant d'être tuées, des soldats désarmés ont été tués sans la moindre hésitation, des prisonniers de guerre ont été exécutés sommairement. Durant cinq semaines, incendies et tueries ont complètement transformé Nanjing en un champ de ruines et de désolation. En ce 13 décembre, Journée nationale de commémoration en mémoire des victimes du massacre de Nanjing en Chine, rappeler l'horreur est un devoir, d'autant plus que Sanae Takaichi se complaît dans des déclarations provocatrices et erronées à propos de Taiwan.

La politique sécuritaire intransigeante de Sanae Takaichi, symbole d'une résurgence sournoise du militarisme japonais, inquiète et révolte. Cette posture s'apparente simplement à un déni total des ravages du fascisme japonais et de ses crimes odieux avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, les preuves sont disponibles, irréfutables et témoignent de la tragédie orchestrée par l'armée nipponne. Au-delà de ce que le massacre de Nanjing représente comme symbole de l'horreur, l'on peut énumérer d'autres tragédies perpétrées par les militaires japonais en Asie. Les massacres de Sook Ching à Singapour (1942), de Manille (1945), le travail forcé et le « Chemin de fer de la Mort » Myanmar-Thaïlande, les réquisitions forcées de travailleurs asiatiques, l'utilisation des armes biologiques et expérimentations humaines, la dévastation culturelle et spirituelle et le système des « femmes de réconfort » sont autant de crimes imputés au fascisme japonais. Dans ce registre, l'on ne saurait passer sous silence les exactions de la tristement célèbre unité 731 qui s'est particulièrement illustrée dans l'expérimentation d'armes biologiques sur des cobayes humains en Chine. En considérant ces faits, il va de soi que l'envolée des dépenses de défense, l'assouplissement des règles d'exportation d'armes ou la recherche d'armes offensives décidées par le Japon soulèvent des interrogations et présagent de lendemains incertains.

Cette année qui marque le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste devrait être un moment d'introspection pour prévenir d'autres tragédies. Mais en lieu et place de cela, Sanae Takaichi se lance dans une dangereuse entreprise de compromission des efforts en faveur de la paix régionale. L'histoire ne saurait être sacrifiée sur l'autel des ambitions politiques extrêmes qui frisent le mépris flagrant du droit international. La résurgence du militarisme japonais qui résulte de la volonté de Mme Takaichi et ses partisans représente un danger pour la paix et la stabilité régionales. C'est un impératif que de faire prévaloir le droit afin de parer aux agissements extrémistes de Takaichi.

Au moment où la Chine commémore les victimes du massacre de Nanjing, il importe d'œuvrer à préserver les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. Les leçons de cette guerre doivent continuer à inspirer les dirigeants de toutes les nations afin que l'humanité soit préservée d'autres conflits meurtriers. L'ordre international d'après-guerre doit être respecté dans l'intérêt de tous. Que cherche Takaichi en voulant rompre avec le pacifisme japonais inscrit dans la Constitution de 1947 si ce n'est une volonté de susciter un climat de méfiance entre des nations qui ont appris à transcender leurs difficultés du passé pour envisager l'avenir avec plus de sérénité. Il faut faire barrage à ceux qui voudraient entraver les initiatives en faveur d'une cohabitation pacifique et bénéfique. Puisse la Journée nationale de commémoration en mémoire des victimes du massacre de Nanjing inspirer ceux qui veulent ramer à contre-courant des acquis pacifiques.

(Photo : VCG)

Numéro 25 juillet-septembre 2025
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