
Des visiteurs admirent des broderies en velours au Salon international du patrimoine culturel de France 2025 à Paris, le 23 octobre 2025.
Dans un monde marqué par des mutations profondes, la diplomatie chinoise vient de franchir une étape décisive. Le 1er septembre 2025, le président chinois Xi Jinping a officiellement présenté l’Initiative pour la gouvernance mondiale. Cette proposition historique vient parachever une architecture globale déjà composée de l’Initiative pour le développement mondial, de l’Initiative pour la sécurité mondiale et de l’Initiative pour la civilisation mondiale. Ensemble, ces quatre initiatives constituent un cadre stratégique complet pour façonner une communauté de destin pour l’humanité, en parfaite cohérence avec la Charte des Nations unies.
Face à une réalité mondiale fragmentée par l’unilatéralisme et les tensions géopolitiques, ces propositions offrent une alternative constructive. Elles invitent à dépasser les clivages pour privilégier une coopération équitable, capable de combler le fossé grandissant entre le Nord et le Sud.
Un appel au développement partagé
Pour la Chine, le développement est le remède aux crises structurelles mondiales. L’Initiative pour le développement mondial place les besoins de l’humanité au sommet des priorités. En parfaite synergie avec l’Agenda 2030 pour le développement durable des Nations unies, elle vise à briser le cycle de dépendance.
Le développement mondial a enregistré des revers majeurs ces dernières années. Seulement environ 35 % des objectifs de l’Agenda 2030 sont en passe d’être atteints. L’extrême pauvreté est en hausse pour la première fois en vingt ans, 2,6 milliards de personnes n’ont pas d’accès à Internet et le financement climatique en faveur des pays en développement reste insuffisant. Ce tableau est assombri par la multiplication des conflits et l’usage de sanctions unilatérales qui paralysent les chaînes d’approvisionnement alimentaire.
Face à cette urgence, la Chine privilégie des actions de terrain, le renforcement des compétences et l’innovation technologique. Par exemple, le Centre de démonstration des technologies agricoles Chine-Afrique a permis d’augmenter les rendements agricoles de 30 % à 60 % pour plus d’un million d’agriculteurs, illustrant ainsi les bénéfices tangibles des partenariats de développement. De même, le chemin de fer Chine-Laos a désenclavé le Laos, générant plus de 100 000 emplois et réduisant les coûts logistiques de plus de 30 %. En Amérique latine, les centres conjoints d’innovation technologique avec le Brésil accélèrent la transition vers les énergies propres tout en préservant les écosystèmes locaux.
Guidée par les « six principes » de la coopération internationale, cette initiative vise une croissance équilibrée, coordonnée et inclusive pour s’assurer qu’aucun pays ne soit laissé pour compte.

Le 50 millionième passager du chemin de fer Chine-Laos reçoit un certificat commémoratif, le 28 mars 2025.
Vers une paix et une sécurité durables
Si le développement constitue le fondement du progrès, la paix et la sécurité en sont les remparts indispensables. Face à l’instabilité croissante de l’échiquier international, l’Initiative pour la sécurité mondiale, lancée en 2022, apporte une réponse stratégique aux turbulences actuelles. Les conflits persistants, les ambitions hégémoniques et les politiques de sécurité unilatérale ont ébranlé la stabilité mondiale, illustrant de fait l’échec des approches fondées uniquement sur la force et la confrontation.
Cette initiative ambitionne d’éradiquer les causes profondes des conflits en répondant aux préoccupations sécuritaires légitimes de chaque nation. Elle privilégie systématiquement le dialogue pour résoudre les tensions et renforce l’efficacité des missions de maintien de la paix des Nations unies. En complément de cet effort diplomatique, elle encourage une coopération internationale directe pour lutter contre le terrorisme, le trafic de drogue et les grandes crises sanitaires.
Au niveau régional, la Chine s’est appuyée sur des plateformes telles que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) pour maintenir la stabilité et renforcer la confiance. En promouvant le multilatéralisme et le dialogue inclusif, l’initiative propose une voie viable vers la paix mondiale où la coopération l’emporte sur la coercition.
Respect de la diversité des civilisations
Face aux théories du choc des civilisations, l’Initiative pour la civilisation mondiale, lancée en 2023, s’impose comme une alternative constructive. Elle place la diversité culturelle, l’empathie et le dialogue au cœur des relations internationales, partant du principe que chaque culture détient une sagesse, des valeurs et des perspectives distinctes, indispensables pour relever les défis de notre temps.
L’engagement de la Chine se traduit par des actes concrets. Des plateformes telles que la Conférence sur le dialogue des civilisations asiatiques, le Forum de Liangzhu et la Conférence mondiale des classiques favorisent des échanges profonds. Par ailleurs, l’instauration par l’ONU de la Journée internationale du dialogue entre les civilisations, sous l’impulsion chinoise, institutionnalise cette célébration de la diversité. Grâce à des coopérations éducatives, culturelles et patrimoniales avec plus de cent pays, la Chine démontre que la modernisation peut rimer avec la préservation du patrimoine commun de l’humanité.
En prônant l’apprentissage mutuel et en rejetant l’arrogance culturelle, cette initiative contribue à créer un environnement mondial où les différences ne sont pas des sources de conflit mais des opportunités de collaboration. Elle offre une vision où la coexistence et l’enrichissement réciproque sont les piliers du progrès humain.

Des clients étrangers négocient l’achat d’équipements de sports d’hiver au Marché du commerce international de Yiwu (Zhejiang), le 7 janvier 2026.
Pour une gouvernance mondiale efficace
L’Initiative pour la gouvernance mondiale, lancée en 2025, répond aux déséquilibres de pouvoir. Alors que les défis émergents, de la gouvernance numérique à la gestion des fonds marins, exigent une coordination sans précédent, elle préconise des réponses inclusives.
Elle repose sur l’égalité souveraine, le multilatéralisme et l’élaboration collective des règles internationales. Sa particularité réside dans son approche centrée sur les peuples, indexant l’efficacité de la gouvernance mondiale sur l’amélioration concrète du bien-être social, notamment en matière d’emploi, d’éducation et de santé.
Sur le terrain, cet engagement se traduit par des mesures concrètes : la Chine fait avancer les réformes des grandes institutions multilatérales, renforce la coopération Sud-Sud, promeut l’Organisation internationale pour la médiation et soutient le rôle central des Nations unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Dans le domaine de la gouvernance numérique, elle propose des cadres sur l’intelligence artificielle, la sécurité des données et les flux numériques transfrontaliers, afin que l’innovation technologique profite à tous les pays et non seulement à une minorité privilégiée. À travers ces actions, la Chine montre que développement, sécurité, civilisation et gouvernance sont des piliers interdépendants d’un ordre mondial durable.
Reconnaissance mondiale du rôle de la Chine
Ces quatre initiatives mondiales portées par la Chine dessinent une feuille de route cohérente, visionnaire et pragmatique pour construire un monde de prospérité partagée, de paix et de compréhension mutuelle. Face à l’exacerbation des conflits et aux fractures sociales mondiales, ces piliers fournissent un cadre d’action concertée. Ils réaffirment qu’un avenir de paix et de compréhension mutuelle n’est possible que par un engagement collectif vers une gouvernance mondiale plus juste et plus équitable.
*ZAMIR AHMED AWAN est président fondateur de la Global Silk Route Research Alliance.
Cet article a été publié pour la première fois sur People’s Daily Online.