Culture

Zhang Li: un architecte à l'œuvre aux JO d'hiver de Beijing
By TAO ZIHUI | La Chine au présent | Updated: 2022-01-04 16:56:00
 
Le Centre national de natation est transformé en Cube de Glace et abrite les sites de curling et de curling en fauteuil roulant pour les JO d’hiver de Beijing 2022. Des élèves du primaire effectuent une visite, le 21 décembre 2020. 
Les Jeux olympiques d’hiver de Beijing profiteront au maximum des sites des JO d’été de 2008, comme le Cube d’Eau (Centre national de natation), qui a été transformé en Cube de Glace avec l’appui de technologies. En parallèle, de nouveaux sites spécifiques ont été construits comme le Centre national de saut à ski à Chongli (Zhangjiakou) et le tremplin de big air de Shougang, à Beijing.  
Comment les nouveaux sites reflètent-ils les valeurs esthétiques et d’humanité de la Chine ? Que souhaitent-ils dire au monde ? Zhang Li, concepteur en chef du tremplin de big air de Shougang et des sites de compétition à Zhangjiakou, et directeur de la faculté d’architecture de l’Université Tsinghua, répond à ces questions.   
Comment les sites olympiques servent la ville et le public ?   
Zhang Li : Au cours de ces quelque dix dernières années, j’ai participé à la construction de nombreux sites importants en Chine, notamment à l’Expo 2010 Shanghai, à la 7e Exposition horticole nationale de Beijing, à la reconstruction post-séisme de Yushu et maintenant, aux JO d’hiver de Beijing. Ces expériences m’ont permis de me rendre compte que la construction des installations publiques pour un événement pouvait promouvoir la rénovation de la ville, et qu’elles devaient donc avoir un effet à long terme au lieu de servir seulement pour un événement.   
Les sites de compétition des JO d’hiver de Beijing, en particulier pour les activités sur la neige, sont réservés aux sportifs professionnels. Mais s’ils peuvent servir à long terme la ville après l’événement, ils doivent se conformer aux utilisations quotidiennes. Bien que les infrastructures de compétition soient construites pour les athlètes professionnels, les installations supplémentaires et les salles peuvent rendre des services au public. Au cours de la conception, nous avons pris en considération les deux aspects dans l’espoir que les sites contribuent davantage à la vie quotidienne des habitants.   
Par exemple, les deux pistes du Centre national de saut à ski, notamment les rampes de lancement pour le départ, ne peuvent être utilisées que par les athlètes professionnels chevronnés. Pourtant, nous avons conçu deux escaliers le long des pistes pour relier le bas et le haut, le public peut donc en profiter pour jouir de cette construction sportive, comme grimper une petite montagne dans un beau paysage.   
En outre, il existe une salle polyvalente de 4 000 m2 en haut du Centre national de saut à ski, qui permet d’avoir une vue d’ensemble de la montagne. Elle peut accueillir des spectacles et des conférences en marge des compétitions. En bas, un stade a été construit sur un terrain plat. Il peut donc accueillir des petits matchs de football, des concerts en plein air, des cérémonies de lancement des nouveaux produits dans le futur.  
 
Vue aérienne du Centre national de saut à ski à Zhangjiakou (Hebei), le 19 décembre 2020.  
Comment équilibrer la construction des sites olympiques et la protection de l’environnement ?   
Zhang Li : Nous avons adopté une approche chinoise unique, soit l’éclectisme dans le système philosophique chinois, au lieu de parvenir à un dualisme extrême ; avec une intervention minimale à l’égard de l’environnement avec le moins de constructions possibles dans la nature. Mais si pour atteindre concrètement cet objectif, cela signifie nous devons bâtir des constructions de compétition permanentes à flanc de montagne, cela entravera définitivement l’écologie de la vallée ou la migration des animaux. De ce fait, dans la zone de compétition de Chongli, des pistes de saut à ski ont été construites de manière suspendue sur la montagne. Dans une certaine mesure, cela a généré plus de travail, mais le ruissellement de surface et les nutriments écologiques sont conservés et la migration des animaux peut se faire.  
Comment la conception des sites olympiques parle-t-elle de la Chine au monde ?   
Zhang Li : Premièrement, nous attachons de l’importance aux questions d’intérêts communs. Par exemple, aujourd’hui, tout le monde fait attention à la santé, à la vie de la population, à la construction d’une société plus juste et plus perfectionnée et au changement climatique, nous devons donc répondu à ces préoccupations au cours de la construction.   
Deuxièmement, nous sommes prêts à partager nos expériences dans la construction pour transmettre nos idées au monde.   
Troisièmement, nous pouvons présenter ce que nous pouvons faire dans le contexte unique chinois et dans la culture et la philosophie chinoises. Par exemple, les JO d’hiver de Beijing favoriseront la réduction de la pauvreté d’une région montagneuse, car la Chine y a construit des infrastructures avant la construction des sites. C’est un avantage du système de gouvernance de la Chine. Aucun pays étranger ne peut complètement construire une nouvelle ligne ferroviaire pour les trains à grande vitesse ou une nouvelle autoroute en moins de quatre à cinq ans avant les JO d’hiver.   
Comment votre expérience a-t-elle influencée votre conception architecturale ?   
Zhang Li : Pour moi, la chose la plus importante dans mon expérience est de contacter différentes personnes, en particulier celles qui ont une grande influence sur moi, comme mon directeur de thèse, Guan Zhaoye, membre de l’Académie d’ingénierie de Chine. Dans les années 1990, les architectes aimaient construire des bâtiments aux formes étranges pour faire étalage de leurs talents, alors que M. Guan soulignait qu’il fallait qu’ils soient appropriés plutôt que luxueux et hors du commun et que les architectes devaient adopter une attitude modeste en aidant les gens à changer la Terre.   
Lors de ma visite à l’Université de Harvard, j’ai rencontré le professeur Joan Busquets, planificateur en chef des JO de Barcelone. Il m’a raconté comment il avait rénové Barcelone avant les JO de 1992. Il m’a inspiré de nouvelles méthodes pour décrypter l’histoire d’une ville et de ses habitants.   
Dans les années 1970 et 1980, j’ai grandi dans une cour où tous les foyers se connaissaient. Il me semblait que tout le monde vivait dans une grande famille. Nous y avons partagé le même ciel, les mêmes lieux et les mêmes décors. J’ai la nostalgie de cet espace partagé et cette expérience a également eu une grande influence sur moi dans mon travail architectural.   

*TAO ZIHUI est journaliste à Beijing Information. 

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